La Ferrari Luce électrique enregistre de fortes commandes jusqu’en 2027 malgré les critiques.

Ferrari a officiellement commencé à prendre les commandes de la Luce, son tout premier modèle 100 % électrique. Selon le directeur général Benedetto Vigna, la demande est déjà suffisamment forte pour remplir le carnet de commandes jusqu’à la fin de l’année 2027.

Cette grande berline électrique cinq places et quatre portes, affichée à plus de 500 000 livres sterling (environ 590 000 euros), attire autant les clients historiques de la marque que de nouveaux acheteurs.

Un lancement très critiqué… mais très médiatisé

Le lancement de la Ferrari Luce à Rome a pourtant été loin de faire l’unanimité. Après la présentation officielle, l’action Ferrari a chuté jusqu’à 8 % en Bourse avant de remonter légèrement.

Sur Internet, les critiques sur le design se sont multipliées. Luca di Montezemolo, ancien président emblématique de Ferrari, a même déclaré dans les médias italiens qu’il faudrait « au moins retirer le cheval cabré » de cette voiture. De son côté, le vice-Premier ministre italien Matteo Salvini a jugé son prix « outrageusement élevé ».

Une Ferrari électrique très ambitieuse techniquement

Sous sa carrosserie, la Luce cache une fiche technique particulièrement impressionnante. La voiture utilise quatre moteurs électriques développant au total 1 050 chevaux, avec une architecture électrique en 800 volts et une autonomie annoncée d’environ 530 kilomètres selon le cycle WLTP.

Ferrari explique que cette plateforme entièrement nouvelle a nécessité cinq années de développement. Elle intègre notamment :

  • une gestion indépendante du couple sur chaque roue,
  • une suspension active sans barre antiroulis,
  • des roues arrière directrices,
  • et un centre de gravité abaissé de 95 mm par rapport au SUV Purosangue.

Une demande qui dépasse déjà les premières livraisons

Les déclarations de Benedetto Vigna constituent le premier vrai indicateur sur l’intérêt des clients depuis la révélation officielle du modèle. Et visiblement, les commandes dépassent déjà largement les premières livraisons prévues pour octobre 2026.

Cette situation rappelle un peu le lancement de la Ford Mustang Mach-E en 2019 : à l’époque, les puristes avaient vivement critiqué l’idée d’une Mustang électrique, avant que les ventes ne montrent finalement un vrai succès commercial.

Des clients parfois motivés par le prestige

Certains observateurs rappellent toutefois que Ferrari fonctionne avec un système d’attribution très particulier. Pour rester prioritaires sur les futurs modèles rares et séries limitées, certains collectionneurs achètent pratiquement chaque nouveau véhicule Ferrari… même lorsqu’il divise les fans.

Autrement dit, une partie des réservations de la Luce pourrait être liée davantage au statut et à l’accès privilégié aux futurs modèles qu’à un véritable enthousiasme pour une berline électrique.

Ferrari accélère malgré les hésitations du marché

Pour Benedetto Vigna, ces premières commandes donnent en tout cas du temps et de la crédibilité à la stratégie électrique de Ferrari, alors que plusieurs concurrents comme Porsche ou Lamborghini ont récemment ralenti certains projets liés aux voitures électriques.

Reste maintenant à voir si la Ferrari Luce sera capable d’offrir sur route les sensations promises sur le papier. Si c’est le cas, certains sceptiques pourraient rapidement changer d’avis après les premiers essais.